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Le Stade Brestois au coeur d'une grosse bataille politique !

Rédigé le Mercredi 7 Janvier 2026 à 12:01 écrit par



Alors que Denis Le Saint présentait ses vœux mardi 7 janvier 2026 lors de la traditionnelle soirée du Stade Brestois 29, le président a réaffirmé une conviction forte : "Le futur stade est indispensable pour la pérennité du club", comme le rapporte Ouest-France. Une déclaration qui intervient dans un contexte tendu, où le projet d'Arkéa Park navigue entre permis de construire fraîchement signé et recours juridiques qui s'accumulent.

Un permis de construire symbolique en attendant une réponse juridique

Le 19 décembre 2025, Fabrice Jacob, maire de Guipavas, a apposé sa signature sur le permis de construire du futur stade de 15 000 places, destiné à remplacer le centenaire Francis Le Blé. Un geste largement symbolique, puisque le tribunal administratif de Rennes avait, deux mois plus tôt, le 22 octobre 2025, suspendu l'arrêté préfectoral autorisant le début des travaux sur le site du Froutven. La justice a estimé que la "raison impérative d'intérêt public majeur" du projet n'était pas suffisamment démontrée, alors que 36 espèces protégées – dont le grand rhinolophe, une chauve-souris menacée – ont été recensées sur le terrain.

Pire encore, selon les associations environnementales qui ont déposé plainte au pénal, des travaux auraient débuté dès le 29 septembre 2025, soit 11 jours avant l'arrêté préfectoral du 10 octobre. Une situation qui illustre l'emballement d'un chantier lancé prématurément, alors que toutes les autorisations n'étaient pas encore consolidées.

Le véritable coût de l'immobilisme : Francis Le Blé inadapté à l'élite européenne

Les opposants au projet brandissent régulièrement l'alternative de la rénovation du stade actuel, chiffrée entre 50 et 60 millions d'euros selon des études datant de 2022. Mais cette comparaison relève de la manipulation par omission. D'une part, ces évaluations sont aujourd'hui obsolètes : avec l'inflation galopante dans le secteur du bâtiment, le coût réel d'une rénovation complète approcherait désormais les 130 à 150 millions d'euros, comme l'estiment plusieurs experts.

D'autre part, même avec 60 millions d'euros investis – intégralement financés par l'argent public, contrairement aux 30 millions de subventions prévus pour Arkéa Park sur un budget total de 106,5 millions d'euros – Francis Le Blé resterait incapable d'accueillir des compétitions européennes. La réalité est brutale : lors de la qualification historique du Stade Brestois en Ligue des Champions en 2024, l'UEFA a jugé l'enceinte trop vétuste et a contraint le club à jouer ses matches à Guingamp, au stade de Roudourou, à 1h15 de route. Pour les supporters brestois, cette délocalisation forcée a été vécue comme un déchirement, symbolisé par la banderole "La Coupe d'Europe, c'est à Le Blé !" brandie en tribunes.

Un enjeu électoral majeur à deux mois du scrutin

À moins de deux mois des municipales du 15 mars 2026, Arkéa Park s'est imposé comme l'un des dossiers les plus clivants de la campagne brestoise. François Cuillandre, maire socialiste sortant candidat à un cinquième mandat, a scellé une alliance avec les Écologistes de Glen Dissaux en novembre 2025. Problème : Dissaux milite ouvertement pour l'abandon du projet et la rénovation de Francis Le Blé, tandis que Cuillandre a réaffirmé son soutien au nouveau stade en demandant personnellement au maire de Guipavas de signer le permis de construire avant la fin 2025.

Face à eux, Stéphane Roudaut, maire de Gouesnou et candidat du bloc central-droite, défend fermement Arkéa Park et dénonce les "contre-vérités" propagées par ses adversaires. Un sondage de décembre 2025 révèle que 57% des Brestois seraient opposés au projet, transformant ce dossier en véritable référendum local. La coalition PS-Écologistes parie que ces divergences ne constitueront pas des "lignes rouges" fatales, mais la tension autour du stade pourrait bien fragiliser cette union de circonstance.

En attendant, le Stade Brestois est dans le flou, et Denis Le Saint, président depuis dix ans, l'a rappelé lors de ses vœux : sans outil moderne, le club ne pourra pas pérenniser son modèle. Dans ce dossier saturé de postures électoralistes, une certitude demeure : le temps presse, et chaque mois perdu éloigne Brest d'une infrastructure à la hauteur de ses ambitions sportives.

Ewan L.L
Journaliste passionné de foot et de l'Olympique de Marseille. Fan du Ribéry de la belle époque. En savoir plus sur cet auteur