Menu

RC Lens : cette victoire face au Slavia Prague vaut bien plus qu’on ne le dit


Rédigé le Vendredi 11 Septembre 2026 à 08:14 écrit par


Le RC Lens a signé une victoire renversante et précieuse sur la pelouse du Slavia Prague (2-3). Pourtant, réduire cette soirée à un simple succès « logique » face à dix Tchèques serait une erreur. Les Sang et Or ont arraché trois points immenses, mais ils ont aussi exposé des failles que Dino Toppmöller ne pourra pas ignorer longtemps.

Mené 2-1 à la 88e minute alors que le Slavia évoluait en infériorité numérique depuis l’expulsion de Mikulas Konecny à la 50e, Lens a retourné le match dans un final incandescent. Abdallah Sima, Florian Thauvin puis Ruben Aguilar ont permis aux Artésiens de repartir de Prague avec une victoire totalement folle.

Une victoire, pas un miracle

Oui, le RC Lens a été bousculé. Oui, le Slavia Prague a mené deux fois malgré son carton rouge. Mais non, le club Artésien n’avait pas l’effectif d’un favori évident avant le coup d’envoi.

Le contexte lensois mérite d’être rappelé. Robin Risser découvre encore le très haut niveau et, malgré son impressionnante progression, le jeune gardien n’a pas le vécu européen des cadres habituels de Ligue des champions. Derrière lui, la ligne composée de Kyllian Antonio, Ismaëlo Ganiou et Souleymane Sagnan symbolise un projet Made in Gaillette, mais extrêmement jeune et sans expérience. La pression praguoise a logiquement fait ressortir ce manque de repères collectifs. Car au delà de cette jeunesse lensoise, c'est quasiment toute l'équipe de Dino Toppmöller qui est sans expérience sur la scène européenne. Une équipe, qui on le rappel, a perdu des joueurs importants cet été, et qui est en phase de reconstruction.

Le Slavia, lui, a proposé son identité : agressivité, pressing, projections rapides et intensité. Les Tchèques ont longtemps asphyxié Lens et Danijel Sturm a profité de deux séquences mal négociées pour inscrire un doublé. Sur le second but, Robin Risser manque notamment sa sortie, avant que les Lensois ne soient punis dans la surface.

Thauvin a porté Lens

Dans ce genre de soirée, l’expérience finit souvent par peser. Florian Thauvin a assumé son rôle. Le champion du monde a égalisé à la 90e+1 minute, avant que Ruben Aguilar ne délivre le Racing deux minutes plus tard d’une frappe décisive. Une bascule brutale, presque irréelle, qui offre au club son premier succès extérieur en Ligue des champions depuis 1998.

Mais cette fin de match ne doit pas effacer les difficultés du bloc lensois. L’entrejeu formé autour d’Amadou Haidara et d’Andrija Bulatovic a souffert dans les transitions. Devant, Franjo Ivanović n'a pas existé tandis qu'Abdallah Sima a alterné les bonnes séquences et les imprécisions. Lens a gagné, mais sans maîtriser son sujet, mais a pu compter sur son banc, et surtout le jeune Mezian Mesloub, qui du haut de ses 16 ans a bluffé tout le monde avec son entrée tonitruante.

Le système de Toppmöller interrogé

Le passage à quatre derrière en fin de rencontre a donné davantage de stabilité et permis à Lens d’installer une pression plus continue. Ce détail pourrait compter pour la suite.

Dino Toppmöller devra désormais trancher : maintenir son 3-4-3, encore fragile depuis le début de saison, ou évoluer vers une formule plus équilibrée, en 4-3-3 ou en 4-2-3-1. À Prague, le RC Lens a prouvé qu’il avait du caractère. Il doit maintenant prouver qu’il peut aussi avoir une vraie maîtrise.

Toujours est-il que cette victoire va faire du bien au moral des lensois, et pourrait bien être un déclic pour enfin lancer la saison. Mais soyons réaliste, ce RC Lens en reconstruction ne reproduira pas cette historique saison 2025-2026. Oui, on peut et on doit être un minimum exigeant. Mais la patience devra être de mise. 

Frédéric Le Lay
Journaliste sportif autodidacte, je cultive depuis toujours une passion profonde pour le football... En savoir plus sur cet auteur