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RC Lens : Cahuzac assume sa promotion et dévoile son plan tactique


Rédigé le Jeudi 17 Septembre 2026 à 15:21 écrit par


Yannick Cahuzac ne veut pas transformer son premier match comme entraîneur du RC Lens en grand procès du passé. À la veille du déplacement à Monaco, vendredi en ouverture de la 5e journée de Ligue 1, l’ancien adjoint de Dino Toppmöller a surtout affiché une priorité : remettre une équipe en difficulté sur les rails, avec des repères à retrouver rapidement et une identité reconnaissable.

L’ancien milieu de terrain prend les commandes après la fin de collaboration entre le club Artésien et Dino Toppmöller. Dans son communiqué, Lens a expliqué que la rupture était liée à des désaccords sur le fonctionnement et l’organisation du staff, et non en raison des résultats. RMC Sport rapporte aussi que la cohabitation entre les membres du staff arrivé avec Toppmöller et l’encadrement déjà installé n’a jamais réellement trouvé son équilibre.

Cahuzac reconnaît une rupture dans le staff

Présent en conférence de presse, Yannick Cahuzac a d’abord replacé l’urgence sportive au centre du débat. Ses déclarations, relayées par RMC Sport, confirment que le changement ne se réduit pas au contenu des matches.
«J’ai vécu tout ça avec beaucoup d’intensité. Il y a eu des décisions qui ont été prises par le club et ma nomination en tant que coach. Mais ensuite, très vite focus sur le match de vendredi, très important pour l’équipe et le club.»

Le nouvel entraîneur lensois a ensuite évoqué le départ de Dino Toppmöller, sans chercher à lier la séparation à une seule explication sportive.
«On a senti quelque chose qui n’allait pas forcément compte tenu des contenus et performances affichés l’an dernier, on a senti qu’il y a quelque chose qui ne prenait pas. On n’a pas réussi à créer cette passerelle avec le nouveau staff.»

Cette phrase éclaire la ligne officielle lensoise : le problème identifié concernait aussi l’organisation quotidienne et le lien entre les différentes composantes du staff. Le club avait annoncé vouloir « remodeler » l’encadrement, une évolution que Toppmöller n’avait pas souhaité partager. La séparation a donc également entraîné le départ de ses deux adjoints.

Cahuzac conscient de son statut de numéro 1 en construction

Cahuzac a également répondu aux sous-entendus liés à sa proximité avec Jean-Louis Leca, directeur sportif des Sang et Or. Pour lui, réduire sa nomination à cette relation reviendrait à ignorer le fonctionnement collectif du club.
«Ca me déçoit pour l’institution, pour le RC Lens. Jean-Louis n’est pas le seul aux commandes, il y a des gens au-dessus de lui. Il n’est pas fou, il ne prendrait pas quelqu’un qui n’a pas de compétence. Ça me déçoit plus par rapport au club que par rapport à moi, moi je suis concentré sur mes objectifs.»

Le technicien ne masque pas non plus sa situation personnelle. À 41 ans, il suit actuellement la formation du BEPF, le diplôme normalement requis pour entraîner en Ligue 1. Il se présente donc comme un coach en construction, loin de l’image d’un numéro un déjà installé.
«Je suis vraiment concentré sur vendredi mais je pense qu’après le match on va prendre le temps de se poser avec ma direction pour parler de comment s’organiser pendant mes absences (…) Ça va être une année chargée. Si je suis là, c’est que je me sens prêt. Est-ce que j’estime être un entraîneur numéro un ? Aujourd’hui, je pense que je n’ai pas le package. Tout ce qui est média, communication, ce n’est pas ce que j’aime le plus. Je suis un entraîneur en formation, je suis dans mon BEPF. Je ne m’estime pas encore comme un entraîneur n°1, je pense que je suis en train de le devenir»

Cette nuance compte. Cahuzac ne revendique pas une rupture totale avec son précédent rôle, mais accepte une responsabilité nouvelle dans une période délicate. Son passage sur le banc s’accompagnera par ailleurs d’une amende de 25 000 euros à régler par Lens pour chaque match de Ligue 1 concerné, faute de dérogation accordée à ce stade. La DTN a refusé la demande du club.

Défense à trois et urgence défensive

Sur le terrain, le message de Cahuzac est plus tranché. Lens ne changera pas immédiatement de socle tactique. Le nouveau coach veut s’appuyer sur les principes qui ont façonné le Racing ces dernières saisons : intensité, possession et défense à trois.
«Comme je l’ai dit après l’entraînement d’aujourd’hui, je les ai félicités car ce n’est jamais évident de vivre ces moments-là. J’ai trouvé un groupe très impliqué, travailleur, ce qui était déjà le cas auparavant. On a beaucoup travaillé défensivement et sur notre animation off pour donner un maximum de repères au groupe».

L’idée n’est donc pas seulement de colmater les brèches derrière. Cahuzac relie directement la solidité défensive à l’animation offensive et à l’équilibre collectif.
«Je connais le club sur le bout des doigts, les valeurs, l’ADN, pas mal de joueurs, j’étais dans le staff avant. Je pense avoir pas mal d’avantages pour redresser l’équipe (…) Les principes lensois font partie de mes principes. J’ai été bercé par Franck (Haise) qui m’a beaucoup apporté tactiquement. J’aime avoir la possession, être intense, ça fait partie de l’ADN de ce club.»
«Oui, être costaud défensivement ça donne beaucoup de confiance. Il y a aussi l’animation offensive, on peut souvent se faire transpercer. C’est aussi important pour avoir un bon équilibre. Pour moi le système ça ne veut rien dire, c’est l’animation qu’on met dedans. Je suis façonné à une défense à trois et je resterai là-dedans. Ce sera sûrement le cas demain soir face à Monaco .»

Le premier test de Cahuzac sera donc très costaud face à Monaco. Dans un contexte de changement de staff, Lens cherchera moins une révolution qu’un match fondateur : davantage de maîtrise, une structure défensive plus fiable et des signes visibles d’adhésion à la méthode du nouveau coach.

Ewan L.L
Journaliste sportif spécialisé dans le football et le suivi de l'actualité de la Ligue 1 et... En savoir plus sur cet auteur