À l'Olympique Lyonnais, le redressement se lit désormais autant dans les comptes que sur le terrain. Les dépenses ont été réduites, une partie des dettes annulées et les prêteurs ont accepté de patienter. Mais derrière ces premières avancées, l’OL conserve un équilibre financier fragile, qui dépend encore des résultats sportifs, des ventes de joueurs et de plusieurs procédures.
Le rapport annuel 2025-2026, déposé le 26 octobre auprès de l’Autorité des marchés financiers et analysé par The Esk, permet de mesurer le chemin parcouru sous Michele Kang. Il montre surtout que l’allègement des charges n’a pas encore rendu le club autonome financièrement.
Le rapport annuel 2025-2026, déposé le 26 octobre auprès de l’Autorité des marchés financiers et analysé par The Esk, permet de mesurer le chemin parcouru sous Michele Kang. Il montre surtout que l’allègement des charges n’a pas encore rendu le club autonome financièrement.
L’Europe et les ventes de joueurs au cœur des prévisions
Les hypothèses retenues par l’OL donnent une traduction très concrète aux ambitions sportives. Le groupe base son plan de bataille financier sur le fait de rester en Ligue 1 au terme de la saison 2026-2027 et d’obtenir une qualification européenne pour 2027-2028. Il compte également sur des cessions lors des prochains mercatos, notamment dès janvier 2027.
L’Europe n’apparaît donc pas seulement comme un objectif de classement : elle entre dans les prévisions sur lesquelles repose la poursuite de l’activité. Pour Lyon, la difficulté consiste à vendre sans trop affaiblir l’équipe chargée d’aller chercher cette qualification.
Deux autres conditions complètent le scénario financier lyonnais : pouvoir mobiliser tout ou partie des 40 millions d’euros encore disponibles auprès d’Olympe Bidco et ne pas devoir régler de sommes importantes à la suite d’une condamnation dans les douze prochains mois. Les tribunaux peuvent donc peser sur les marges de manœuvre du club autant que le marché des transferts.
L’Europe n’apparaît donc pas seulement comme un objectif de classement : elle entre dans les prévisions sur lesquelles repose la poursuite de l’activité. Pour Lyon, la difficulté consiste à vendre sans trop affaiblir l’équipe chargée d’aller chercher cette qualification.
Deux autres conditions complètent le scénario financier lyonnais : pouvoir mobiliser tout ou partie des 40 millions d’euros encore disponibles auprès d’Olympe Bidco et ne pas devoir régler de sommes importantes à la suite d’une condamnation dans les douze prochains mois. Les tribunaux peuvent donc peser sur les marges de manœuvre du club autant que le marché des transferts.
Des économies importantes, mais des recettes en recul
L’exercice écoulé apporte un motif de satisfaction : l’OL a terminé quatrième de Ligue 1 avec 60 points tout en réduisant fortement ses dépenses de personnel. Celles-ci sont descendues à 114,5 millions d’euros, en baisse de 36%. L’économie atteint 63,1 millions, dont 53,5 millions sur la partie sportive.
L’effort est considérable. Il s’est toutefois accompagné d’un recul des revenus. Hors ventes de joueurs, les recettes s’établissent à 143,3 millions d’euros, soit 12% de moins qu’un an auparavant. Les cessions ont rapporté 79 millions, contre 111,1 millions lors de l’exercice précédent. Les droits télévisés nationaux ont diminué de 28%, tandis que les revenus événementiels ont chuté de 58%.
La réduction des dépenses ne suffit donc pas à compenser les fragilités du modèle. La perte nette, part du groupe, atteint encore 87,3 millions d’euros, après 201,2 millions un an plus tôt. Le déficit se resserre, mais son montant reste lourd.
Cette amélioration demande aussi de distinguer résultat comptable et argent disponible. L’OL a enregistré l’annulation de 242,2 millions d’euros de dettes envers Eagle Bidco, Eagle Football Holdings LLC et John Textor. En parallèle, il a déprécié pour 205,1 millions de créances sur Botafogo et des structures Eagle, réduisant leur valeur dans ses comptes.
Ces opérations dégagent un effet positif net de 37,1 millions d’euros, sans rentrée de trésorerie correspondante. En neutralisant cet effet exceptionnel, The Esk calcule une perte d’exploitation d’environ 74,3 millions. Sur l’exercice, l’activité et les investissements ont absorbé ensemble 98,7 millions d’euros avant financement. La trésorerie atteignait 45,4 millions au 30 juin, après d’importants apports des actionnaires.
L’effort est considérable. Il s’est toutefois accompagné d’un recul des revenus. Hors ventes de joueurs, les recettes s’établissent à 143,3 millions d’euros, soit 12% de moins qu’un an auparavant. Les cessions ont rapporté 79 millions, contre 111,1 millions lors de l’exercice précédent. Les droits télévisés nationaux ont diminué de 28%, tandis que les revenus événementiels ont chuté de 58%.
La réduction des dépenses ne suffit donc pas à compenser les fragilités du modèle. La perte nette, part du groupe, atteint encore 87,3 millions d’euros, après 201,2 millions un an plus tôt. Le déficit se resserre, mais son montant reste lourd.
Cette amélioration demande aussi de distinguer résultat comptable et argent disponible. L’OL a enregistré l’annulation de 242,2 millions d’euros de dettes envers Eagle Bidco, Eagle Football Holdings LLC et John Textor. En parallèle, il a déprécié pour 205,1 millions de créances sur Botafogo et des structures Eagle, réduisant leur valeur dans ses comptes.
Ces opérations dégagent un effet positif net de 37,1 millions d’euros, sans rentrée de trésorerie correspondante. En neutralisant cet effet exceptionnel, The Esk calcule une perte d’exploitation d’environ 74,3 millions. Sur l’exercice, l’activité et les investissements ont absorbé ensemble 98,7 millions d’euros avant financement. La trésorerie atteignait 45,4 millions au 30 juin, après d’importants apports des actionnaires.
Une dette repoussée et un héritage Eagle toujours encombrant
Le répit accordé par les banques ne vaut pas remise de dette. Le service des principaux financements est suspendu jusqu’au 31 décembre 2027, mais les intérêts continuent de s’ajouter aux sommes dues. La dette financière atteignait encore 409,8 millions d’euros au 30 juin 2026, contre 517,9 millions un an auparavant. Les paiements doivent reprendre en janvier 2028, avant une autre échéance en novembre pour le prêt à terme et la ligne de crédit renouvelable.
Les prêteurs ont également renforcé leurs protections sur le Groupama Stadium. Dans certaines circonstances, dont une relégation en Ligue 2, ils peuvent demander le remplacement de l’hypothèque par une fiducie-sûreté, qui transfère la propriété juridique du stade à un fiduciaire à titre de garantie. Il ne s’agit pas d’une perte automatique du stade, mais d’un mécanisme de sûreté supplémentaire.
L’héritage Eagle demeure, lui aussi, loin d’être soldé. L’OL conserve au bilan 96,9 millions d’euros de dettes contestées envers des organismes ayant repris des créances de Botafogo. Trois garanties signées par John Textor, dont le plafond cumulé approche 80 millions, sont également contestées par le club. Ce plafond ne constitue pas une somme immédiatement exigible ; aucune provision n’a été constituée à leur titre.
Le prochain mercato devra ainsi répondre à deux besoins potentiellement contradictoires : apporter des liquidités et préserver une équipe compétitive. Car lorsque les remboursements reprendront en janvier 2028, l’OL aura déjà disputé la première moitié de cette saison européenne sur laquelle reposent ses prévisions. Encore faut-il s’y qualifier.
Les prêteurs ont également renforcé leurs protections sur le Groupama Stadium. Dans certaines circonstances, dont une relégation en Ligue 2, ils peuvent demander le remplacement de l’hypothèque par une fiducie-sûreté, qui transfère la propriété juridique du stade à un fiduciaire à titre de garantie. Il ne s’agit pas d’une perte automatique du stade, mais d’un mécanisme de sûreté supplémentaire.
L’héritage Eagle demeure, lui aussi, loin d’être soldé. L’OL conserve au bilan 96,9 millions d’euros de dettes contestées envers des organismes ayant repris des créances de Botafogo. Trois garanties signées par John Textor, dont le plafond cumulé approche 80 millions, sont également contestées par le club. Ce plafond ne constitue pas une somme immédiatement exigible ; aucune provision n’a été constituée à leur titre.
Le prochain mercato devra ainsi répondre à deux besoins potentiellement contradictoires : apporter des liquidités et préserver une équipe compétitive. Car lorsque les remboursements reprendront en janvier 2028, l’OL aura déjà disputé la première moitié de cette saison européenne sur laquelle reposent ses prévisions. Encore faut-il s’y qualifier.


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