Avant le coup d’envoi de Brest-PSG, le stade Francis-Le Blé a rendu un vibrant hommage à Éric Roy, décédé le 17 juin à 58 ans d’un cancer du pancréas. Au cœur de l’hommage, Victoria-Rose Roy a livré un témoignage bouleversant sur les années de combat de son père. La fille aînée de l’ancien entraîneur brestois a expliqué que les médecins ne lui donnaient que six mois. Éric Roy a finalement tenu trois ans et demi. Une durée qu’elle décrit comme « un truc de dingue ».
Brest, un moteur vital
Victoria-Rose Roy a surtout relié cette résistance à l’aventure vécue par Éric Roy sur le banc du Stade Brestois. « Il a sauvé une équipe tout en devant se sauver », a-t-elle résumé, en évoquant un quotidien où le terrain servait aussi de refuge. Selon elle, les résultats du club et l’état de santé de son père semblaient avancer dans le même sens : « Plus il gagnait, mieux il allait. Les deux étaient corrélés. » Le football n’a évidemment pas tout réglé, mais il lui a offert une raison supplémentaire de tenir debout.
L’ancien technicien ne souhaitait pourtant pas que sa maladie devienne le sujet central autour de lui. Victoria-Rose Roy a rappelé qu’Éric Roy refusait d’être regardé ou traité comme un malade et voulait préserver son énergie pour continuer à avancer. Il ne se voyait pas non plus porter publiquement la parole des patients durant sa vie. Une pudeur farouche, presque une consigne de vestiaire : parler du jeu, du groupe, du prochain match, et laisser le reste hors champ.
Francis-Le Blé marqué à jamais par Eric Roy
La cérémonie a donné une ampleur particulière à ces confidences. En présence de Loëtitia Roy et de Victoria-Rose Roy, Denis Le Saint a déposé une gerbe devant la fresque du « King », tandis que Luis Enrique, Luis Campos et Marquinhos ont également participé à l’hommage parisien. Tifos, messages des tribunes, images diffusées sur les écrans et maillot « King 29 » ont accompagné la prise de parole de Victoria-Rose Roy. À Brest, Éric Roy n’était pas seulement un entraîneur disparu : il restait une présence.
Dans son discours, Victoria-Rose Roy a confié avoir gardé de nombreuses questions pour ne pas « trop faire chier » son père avec la maladie. Elle lui avait promis que son histoire serait racontée plus tard, parce qu’elle était « belle et unique ». Trois mois après sa disparition, ses mots donnent une autre dimension à l’épopée brestoise : derrière les résultats, il y avait aussi un homme qui gagnait du temps, match après match, loin des projecteurs qu’il ne réclamait jamais.


L'accueil
