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FC Lorient racheté à 100% par BKFC : le club bascule sous pavillon américain

Multipropriété en Ligue 1 : que change le rachat du FC Lorient par Bill Foley ?


Rédigé le Mercredi 28 Janvier 2026 à 17:14 écrit par


Le FC Lorient bascule définitivement dans la galaxie Black Knight Football Club au moment de fêter son centenaire, symbole d’un football français en crise où la multipropriété apparaît autant comme planche de salut que risque de dilution identitaire.

En janvier 2023, Bill Foley, déjà propriétaire de Bournemouth, entre à 40% au capital pour environ 10 M€, permettant à Loïc Féry de sécuriser des fonds propres sans perdre la main. Trois ans plus tard, BKFC rachète les 60% restants et devient actionnaire unique, tandis que Féry conserve la présidence et remonte au capital via la holding américaine, dispositif validé par la DNCG début 2026. Dans un contexte de droits TV effondrés, avec seulement 80,5 M€ à partager entre les 18 clubs de Ligue 1 en 2025‑2026, la dépendance à des groupes internationaux devient quasi structurelle pour les clubs de milieu de tableau.

Lorient rejoint ainsi une constellation pilotée par BKFC autour d’un club phare, Bournemouth, complétée par Auckland FC, Moreirense et divers partenariats (MLS, J‑League…), pensée comme une pyramide de clubs où les « satellites » alimentent le sommet en talents. Les transferts de Dango Ouattara et Eli Junior Kroupi vers Bournemouth illustrent déjà ce rôle de tremplin, avec un risque assumé de voir Lorient cantonné à une fonction de fournisseur plutôt qu’à un statut d’ambitieux durable en Ligue 1.

Sur le plan financier, BKFC affiche plus de 500 M$ de fonds propres via Cannae Holdings, offrant au FCL une stabilité rare dans un championnat étranglé par la baisse des revenus audiovisuels. Mais économistes et dirigeants alertent sur les effets systémiques d’une Europe structurée autour d’une quinzaine de groupes multipropriétaires : conflits d’intérêts potentiels, hiérarchies figées, clubs français rarement au sommet de la chaîne de décision.

Sportivement, Lorient reste solide en ce début 2026, avec un effectif jeune porté par l’élan de la remontée et un objectif prioritaire de maintien. Le club, fondé en 1926, doit désormais concilier attachement au territoire, attentes de supporters très mobilisés lors du centenaire et contraintes d’un capitalisme globalisé qui impose la logique de portefeuille avant celle du palmarès.

Ewan L.L
Journaliste passionné de foot et de l'Olympique de Marseille. Fan du Ribéry de la belle époque. En savoir plus sur cet auteur