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DFCO : un destin à la Girondins de Bordeaux pour Dijon ?

Rédigé le Jeudi 1 Janvier 2026 à 20:07 écrit par



Le président du Dijon FCO Pierre-Henri Deballon a évoqué la difficile situation financière du club lors d'un récent entretien avec ICI Officiel. "Les comptes sont toujours dans le rouge. On va être sur une perte de 5 millions d'euros en juin, quand la saison 2025-2026 s'achèvera", a-t-il déclaré sans détour. Pour le dirigeant bourguignon, le constat est sans appel : cette année, le DFCO n'a pas d'autre option que de monter en Ligue 2. Une obligation de résultat qui dépasse le simple cadre sportif pour devenir une question de survie économique.

Un déficit structurel abyssal hérité de la chute

La perte annoncée de 5 millions d'euros pour la saison en cours s'inscrit dans un contexte financier particulièrement dégradé. Lorsque Pierre-Henri Deballon rachète le club à l'été 2024 pour 3 millions d'euros, il hérite d'une situation alarmante : 18 millions d'euros de dettes accumulées et un déficit structurel oscillant entre 7 et 7,5 millions d'euros par an hors transferts. "Petit à petit, on fait baisser cette perte, mais elle reste quand même conséquente et c'est des montants qui sont hallucinants et pas tenable dans le temps", reconnaît le président.

La relégation en National à l'issue de la saison 2022-2023 a considérablement aggravé l'équation financière dijonnaise. Le club génère désormais un chiffre d'affaires de 6,36 millions d'euros avec un budget de 10 millions d'euros pour la saison 2025-2026, le troisième plus important de la division derrière Caen (12M€) et Valenciennes (11M€). Mais surtout, la disparition des droits télévisuels représente un manque à gagner colossal.

Un plan de restructuration drastique pour éviter la faillite

Face à cette hémorragie financière, Pierre-Henri Deballon a engagé dès l'automne 2024 une restructuration radicale. Le club a procédé à la suppression de près de 50% de ses effectifs administratifs, soit une dizaine de postes. La section féminine, évoluant en Arkema Première Ligue, affiche un déficit de 500 000 euros par an avec un budget de 3 millions d'euros pour seulement 1,4 million d'euros de recettes. Le centre de formation a également perdu son agrément FFF, un renoncement temporaire mais symbolique des sacrifices nécessaires. La métropole dijonnaise a par ailleurs racheté les infrastructures du centre pour 11,9 millions d'euros, permettant au club d'éponger une partie de sa dette.

La masse salariale de l'équipe première a été réduite de 2 millions à 1,3 million d'euros. Pour générer de la trésorerie, le DFCO a vendu ses deux meilleurs éléments durant l'été 2024 : Rayane Messi à Strasbourg et Cyrique Irié à Troyes, pour un montant total de 5 millions d'euros. Ces ventes exceptionnelles ont permis de combler temporairement le gouffre financier et d'éviter une situation de cessation de paiement, le club ne disposant que de 34 000 euros de trésorerie en juillet 2024. "On travaille pour trouver des partenaires et que les collectivités participent ; c'est un vrai chantier de fond mais on n'a pas le luxe de tout faire", explique le président, conscient de naviguer en eaux troubles.

Pour Pierre-Henri Deballon, ces mesures drastiques visent à éviter le destin tragique des Girondins de Bordeaux ou du CS Sedan, clubs historiques désormais relégués respectivement en National 2 et en divisions régionales après des faillites retentissantes. "J'investis personnellement, la ville participe aussi et nous avons encore des joueurs avec une bonne valeur marchande. J'ai pris des décisions difficiles plutôt que d'être dans une situation intenable comme on l'a vu récemment à Bordeaux ou à Sochaux", insiste l'entrepreneur dijonnais.

Dans ce contexte très tendu financièrement, Dijon FCO n'a pas d'autre choix que de remonter en Ligue 2 pour se donner une petite bouffée d'oxygène.

Ewan L.L
Journaliste passionné de foot et de l'Olympique de Marseille. Fan du Ribéry de la belle époque. En savoir plus sur cet auteur