Pour un attaquant qui découvre l'équipe de France, une première convocation sonne forcément comme une récompense. Les premières titularisations doivent ensuite permettre de s’y faire une place. Zinédine Zidane a offert cette possibilité à Estéban Lepaul en l’alignant d’entrée lors des deux rencontres contre la Belgique. L'attaquant du Stade Rennais termine pourtant ce rassemblement sans avoir véritablement convaincu qu’il pouvait transposer ses qualités au niveau international.
Le présenter comme le grand perdant de cette première trêve serait excessif. Il a découvert la sélection, obtenu du temps de jeu et commencé à prendre ses repères. Mais sur le terrain, il n’a pas suffisamment pesé pour transformer cette occasion en argument solide pour la suite.
Le présenter comme le grand perdant de cette première trêve serait excessif. Il a découvert la sélection, obtenu du temps de jeu et commencé à prendre ses repères. Mais sur le terrain, il n’a pas suffisamment pesé pour transformer cette occasion en argument solide pour la suite.
Lepaul n’a pas imposé ses qualités
La volonté n’est pas en cause. Lepaul a proposé des déplacements, cherché à offrir des solutions et tenté d’occuper les défenseurs belges. Ses mouvements constituent même l’un des aspects positifs. Seulement, se rendre disponible ne suffit pas si l’action ne trouve pas de prolongement efficace.
À Bruxelles, l’attaquant du Stade Rennais a rapidement perdu de l’influence après quelques situations en début de rencontre. Peu servi, parfois isolé entre les défenseurs centraux, il a aussi montré des difficultés techniques qui ont limité sa participation au jeu. Une première titularisation compliquée, sans que la responsabilité de cette prestation puisse lui être entièrement attribuée.
À Bruxelles, l’attaquant du Stade Rennais a rapidement perdu de l’influence après quelques situations en début de rencontre. Peu servi, parfois isolé entre les défenseurs centraux, il a aussi montré des difficultés techniques qui ont limité sa participation au jeu. Une première titularisation compliquée, sans que la responsabilité de cette prestation puisse lui être entièrement attribuée.
Le retour au Stade de France lui offrait une autre occasion de s’exprimer. Il a cette fois eu plusieurs ballons pour menacer le but belge, mais ses tentatives ont manqué de précision ou de puissance. Dans les duels également, il a peiné à s’imposer. La France a fini par gagner largement, portée notamment par Michael Olise, sans que Lepaul ait trouvé le moyen de débloquer son propre match.
C’est là que son bilan devient décevant : deux titularisations, des configurations différentes, mais toujours cette difficulté à donner une dimension supplémentaire à l’attaque. La générosité ne remplace pas la précision lorsque les espaces se ferment.
C’est là que son bilan devient décevant : deux titularisations, des configurations différentes, mais toujours cette difficulté à donner une dimension supplémentaire à l’attaque. La générosité ne remplace pas la précision lorsque les espaces se ferment.
Emmanuel Petit pointe un manque
Dans l’After Foot sur RMC, Emmanuel Petit a formulé une critique qui dépasse la seule question de l’efficacité devant le but. L’ancien international reconnaît l’intelligence des déplacements de Lepaul, mais s’interroge sur ses armes pour faire la différence face aux meilleurs défenseurs.
« Quand tu es au haut niveau, il te faut des qualités homogènes sur pas mal de points mais il te faut aussi certaines qualités qui sont au-dessus du lot et qui fassent partie de l’élite », a expliqué le champion du monde 1998. Il souligne notamment un manque de vitesse pour échapper au marquage, attaquer la profondeur ou créer un décalage sur quelques mètres.
La question mérite d’être posée. Quel atout Lepaul peut-il imposer lorsque son sens du déplacement ne suffit plus ? Une accélération, une protection de balle, une finition particulièrement sûre ? Sur ces premiers matchs, aucune qualité dominante ne s’est dégagée assez nettement pour compenser ses difficultés.
« Quand tu es au haut niveau, il te faut des qualités homogènes sur pas mal de points mais il te faut aussi certaines qualités qui sont au-dessus du lot et qui fassent partie de l’élite », a expliqué le champion du monde 1998. Il souligne notamment un manque de vitesse pour échapper au marquage, attaquer la profondeur ou créer un décalage sur quelques mètres.
La question mérite d’être posée. Quel atout Lepaul peut-il imposer lorsque son sens du déplacement ne suffit plus ? Une accélération, une protection de balle, une finition particulièrement sûre ? Sur ces premiers matchs, aucune qualité dominante ne s’est dégagée assez nettement pour compenser ses difficultés.
Très bon pour la Ligue 1, mais encore juste pour l'échelon supérieur
À 26 ans, Lepaul doit-il déjà être considéré comme un attaquant capable de briller en Ligue 1, mais trop limité pour l’échelon supérieur ? Son premier rassemblement alimente cette interrogation ; il ne permet pas de la trancher. Découvrir des partenaires et assimiler les exigences d’un nouveau sélectionneur demandent aussi des ajustements. Le Rennais évoquait lui-même, après le match à Bruxelles, les repères à construire et les corrections apportées au pressing à la mi-temps.
Il serait donc prématuré de transformer un constat de difficultés en verdict définitif. Même Petit, malgré la sévérité de son analyse, espère le voir franchir les paliers qui lui manquent.
Il serait donc prématuré de transformer un constat de difficultés en verdict définitif. Même Petit, malgré la sévérité de son analyse, espère le voir franchir les paliers qui lui manquent.
Lepaul a obtenu du temps de jeu, mais va devoir rapidement prouver. Pour justifier une nouvelle invitation, ses performances avec Rennes devront montrer davantage qu’une capacité à marquer : elles devront aussi apporter des réponses sur sa justesse technique, son impact dans les duels et sa faculté à agir plus vite. Le défi n’est plus seulement d’accéder aux Bleus, mais d’y rendre ses qualités indispensables.


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