Le nul concédé au Mans (2-2), dimanche lors de la 4e journée de Ligue 1, n’a évidemment rien d’un match qui restera dans les annales lensoises. Le RC Lens a raté sa première période, s’est retrouvé mené, puis a arraché un point grâce à une réaction plus consistante. Dino Toppmöller l’a reconnu sans détour : son équipe était venue gagner et n’y est pas parvenue. Mais réclamer déjà son départ revient surtout à manquer de lucidité et d'objectivité.
Un secteur défensif décimé pour Toppmöller
Face au Mans, Jonathan Gradit disputait son premier match depuis une longue absence, tandis que Jean-Clair Todibo n’a rejoint les débats qu’à la 55e minute, alors qu'il est en total manque de rythme. Dans l’axe gauche, Matthieu Udol a dû dépanner, avec Kyllian Antonio, 18 ans, placé dans un rôle de patron défensif qui ne devrait pas être le sien à son âge. Ismaëlo Ganiou était absent, comme Samson Baidoo, Saud Abdulhamid, Yacine Titraoui et Maik Nawrocki.
Dino Toppmöller n’a d’ailleurs pas cherché à maquiller la copie : « La première mi-temps n’était pas difficile, elle est ratée. » L’entraîneur lensois a aussi insisté sur l’impact des changements permanents dans sa charnière et sur la fatigue accumulée après le succès à Prague, trois jours plus tôt. Jonathan Gradit et Jean-Clair Todibo doivent encore retrouver le rythme, mais leur retour doit offrir du calme, de l’expérience et, surtout, quelques repères à un bloc encore en chantier.
Un groupe à reconstruire
Le contexte dépasse largement les seuls absents. Dino Toppmöller découvre la Ligue 1, Michal Skoras et Junior Kadile doivent s’intégrer, tandis que Michaël Cuisance cherche encore son meilleur niveau. L’été lensois a aussi profondément modifié le vestiaire avec notamment le départ de nombreux cadres.
Le RC Lens ne rejouera pas la partition de la saison passée, et personne ne devrait lui demander de rivaliser mécaniquement avec les ambitions de Strasbourg, Rennes ou encore du Paris FC, dont la surface financière est plus grande. Le RCL reste un club en reconstruction, avec des cadres partis, des recrues à raccorder et une marge financière plus étroite que certains concurrents. Cela n’exonère pas Dino Toppmöller de ses responsabilités, mais juger un entraîneur après quatre journées de Ligue 1 avec une défense de fortune : voilà un raccourci qui n'a pas de sens.