RC Lens : Daniel Riolo valide le départ express de Dino Toppmöller


Rédigé le Mercredi 16 Septembre 2026 à 18:50 écrit par

Six matchs officiels, un Trophée des champions gagné contre le PSG, puis une séparation déjà actée : le RC Lens a mis fin à l’aventure de Dino Toppmöller. Dans l’After Foot, Daniel Riolo estime que le club a réagi à temps face à des consignes mal assimilées par le groupe et à des tensions internes autour de l’adjoint Nelson Morgado.


Le RC Lens n’aura pas attendu que la situation devienne irréversible. Dino Toppmöller a quitté son poste après seulement six rencontres officielles, quelques semaines après son arrivée pour succéder à Pierre Sage et malgré un Trophée des champions remporté face au Paris Saint-Germain.

Le contraste est saisissant. Lens a soulevé un trophée, mais son début de championnat ne répondait pas aux attentes : une victoire, un nul et deux défaites en Ligue 1, avec une équipe installée à la dixième place au moment de la rupture, même si ce n'était pas en soi dramatique.

Surtout, le problème ne se serait pas limité aux résultats. La direction lensoise aurait constaté que les principes de jeu demandés par le technicien allemand étaient difficilement intégrés par une partie du vestiaire. Une donnée majeure dans un club dont l’identité récente s’est largement construite sur l’intensité, le pressing, la projection rapide et une forte cohérence collective.

Toppmöller lâché par son vestiaire

Daniel Riolo a livré son analyse dans l’After Foot, après l’annonce du départ de l’entraîneur allemand. L’éditorialiste de RMC a insisté sur la fracture sportive qui se dessinait déjà dans le jeu lensois.

« On avait tous constaté que ça ne collait pas, que le jeu n'était pas le même. Mais je ne pouvais pas imaginer une seconde qu'il se fasse virer. Mais quand on m'explique l'histoire, je me dis que la direction lensoise est plutôt maligne parce qu'elle évite l'enlisement. Je pense qu'avec intelligence, elle dit: 'il vaut mieux arrêter tout de suite parce qu'on peut encore perdre des points et que ça ne va pas s'arranger'. Le message ne passe pas avec les joueurs et certains d'entre eux s'en sont plaints. On ajoute à ça la prestation collective globale qui ne fonctionne parce que les joueurs ne savent pas se positionner et ne comprennent pas réellement le message. Avec beaucoup d'humilité à Lens, on dit que Toppmöller a cherché à appliquer des principes à des joueurs qui ne sont peut-être pas assez forts pour les appliquer. »

Cette déclaration reste une analyse de Daniel Riolo, non une confirmation officielle du RC Lens. Mais elle éclaire le choix de la direction et surtout la tendance forte du moment : le club aurait estimé que le décalage entre les idées de l’entraîneur et les repères du groupe risquait de s’installer, au lieu de se résorber naturellement avec les semaines.

Le Trophée des champions n’aurait donc pas modifié ce diagnostic. Un titre peut offrir du temps et de la confiance ; il ne garantit pas, à lui seul, l’adhésion durable à une méthode. À Lens, les décideurs ont visiblement considéré que le contenu collectif et le fonctionnement interne pesaient davantage que le seul résultat obtenu contre le PSG.

Morgado, point de tension du staff

L’autre volet concerne Nelson Morgado, l’un des adjoints arrivés avec Dino Toppmöller. D’après Bild, cité par RMC Sport, le Portugais aurait suscité des crispations auprès de membres français du staff technique. Le média allemand avance qu’il était jugé trop exigeant dans ses demandes d’engagement et de passion. Cette version n’a pas été confirmée publiquement par le RC Lens.

Selon les informations relayées par RMC Sport, Lens aurait souhaité écarter Morgado. Toppmöller se serait opposé à cette décision, par fidélité envers un collaborateur avec lequel il travaille depuis 2017. Le désaccord aurait alors précipité la fin de sa mission artésienne.

Daniel Riolo a détaillé cet aspect dans l’After Foot : « Il est venu avec deux adjoints, dont un pour les statistiques, (Nelson) Morgado, qui a cristallisé beaucoup de tensions. Non seulement, les historiques (du staff) ne se sont pas entendus avec lui et avec les joueurs, ça ne collait pas. Donc, le club a dit; on peut l'écarter (Morgado) et Toppmöller a protégé son adjoint, ce qui est plutôt digne et sain de sa part. Ça m'étonnerait qu'on apprenne des histoires sur la séparation parce que Toppmöller a renoncé à une partie de ses indemnités. Il s'est écarté de façon très élégante et ils ont acté un divorce consécutif à un mariage raté. »

Lens a choisi la rupture immédiate

Le fait notable est moins la seule éviction de Toppmöller que son calendrier. Le RC Lens a préféré interrompre l’expérience avant que le doute sportif ne s’accompagne d’une crise de vestiaire plus profonde ou d’une fracture durable avec le staff déjà en place.

Riolo valide cette option, qu’il présente comme un signe de lucidité de la part de la direction lensoise : « Après tous les entretiens passés ensemble Si Jean-Louis Leca (directeur sportif) pensait avoir trouvé la bonne personne et que ça n'a pas le cas et s'ils le font aussi vite, moi, je trouve que c'est plutôt intelligent, plutôt que de le traîner deux mois et d'avoir un boulet. »

Pour Lens, l’enjeu immédiat est désormais de réinstaller des repères clairs, sur le terrain comme autour du groupe. Le prochain rendez-vous annoncé est le déplacement à Monaco, match qui verra Yannick Cahuzac assurer l'intérim. Le choix de son successeur, ainsi que l’organisation provisoire du staff, seront les prochains éléments concrets à surveiller, même si la tendance penche à plus qu'un intérim pour Cahuzac.

Journaliste sportif français passionné de football avec une prédominance pour la Ligue 1 et la… En savoir plus sur cet auteur