À Marseille, le robinet s’est fermé et personne ne sait vraiment quand il sera réouvert. Après un été marqué par de nombreux départs et l’absence de recrue, Eric Di Meco a interpellé Frank McCourt sur RMC. L’ancien défenseur marseillais réclame une parole publique de l’actionnaire et propriétaire américain, alors que Bruno Genesio doit composer avec un effectif réduit et déjà sous pression après un début de saison compliqué.
Selon Eric Di Meco, le problème dépasse le strict terrain. L’ancien champion d’Europe 1993 estime que Frank McCourt devrait assumer le virage financier pris par l’Olympique de Marseille et expliquer aux supporters la nouvelle réalité du club. « À un moment donné, on aimerait l’entendre l’actionnaire ! », a-t-il lancé, jugeant que l’équipe actuelle devra faire au mieux avec des moyens désormais beaucoup plus limités.
Bruno Genesio en première ligne
Eric Di Meco refuse surtout que Bruno Genesio serve de paratonnerre à une situation qu’il n’aurait pas pleinement anticipée. Le consultant s’interroge sur le niveau d’information transmis lors de l’arrivée de l’entraîneur, comme à Grégory Lorenzi. Pour Eric Di Meco, annoncer à Bruno Genesio qu’il perdrait plusieurs cadres sans pouvoir recruter aurait forcément changé la lecture du projet. Un mercato sans arrivée, c’est rarement le cadeau de bienvenue rêvé.
Les prises de parole de Bruno Genesio ont d’ailleurs traduit une frustration grandissante. Après la défaite à Rennes, l’entraîneur a renvoyé les questions sur les ambitions vers ses dirigeants, soulignant qu’il existait « des raisons » aux limites actuelles de son équipe. Le technicien s’inquiéte notamment du manque de profondeur de banc, alors que l’OM doit aussi préparer ses échéances européennes.
Le contexte financier marseillais est lourd : l’OM a été contraint de réduire sa voilure après des années de dérives financières coûteuse en transferts et en salaires de l'ancienne direction menée par Pablo Longoria, dans un environnement fragilisé par les droits télévisés. Mais pour Eric Di Meco, l’austérité ne dispense pas de pédagogie. À défaut de recrues, les supporters attendent au moins une direction clairement assumée.