L'heure n'est plus aux promesses floues. Face à Nice dimanche (1-1), Habib Beye a laissé Ethan Nwaneri sur le banc malgré une infirmerie remplie à craquer. Un choix fort qui marque un tournant dans la relation entre le jeune prodige anglais et son entraîneur marseillais. À 19 ans, le milieu offensif prêté par Arsenal pensait peut-être pouvoir capitaliser sur son statut. Raté.
Un message sans appel de l'entraîneur phocéen
"C'est un joueur de qualité, mais il doit nous en donner beaucoup plus dans son engagement au quotidien. D'autres joueurs en ont donné bien plus", a tranché Beye sur Ligue 1+ après le match. Une pique qui résonne comme un ultimatum. Le technicien sénégalais ne s'embarrasse plus de périphrases : Nwaneri ne travaille pas assez à l'entraînement. Dans un contexte où Igor Paixão, Amine Gouiri et Bilal Nadir sont tous blessés, l'exclusion du numéro 11 prend une dimension encore plus éloquente. Même en sous-effectif total, Beye refuse de céder sur ses exigences.
Un prêt qui vire au fiasco
Arrivé cet hiver sans option d'achat pour un prêt évalué à 4 millions d'euros, Nwaneri devait profiter de son passage à Marseille pour engranger du temps de jeu et s'aguerrir en Ligue 1. Neuf apparitions, deux buts, 364 minutes seulement : le bilan fait pâle figure. Arsenal avait même mis en place un barème dégressif sur le coût du prêt en fonction du nombre de matchs joués par leur pépite. Plus Nwaneri joue, moins l'OM paie. Mais Beye semble décidé à privilégier l'exigence sportive aux considérations financières. La confiance accordée en début de parcours s'est progressivement effritée, jusqu'à cette mise à l'écart symbolique face au Gym.
L'intensité marseillaise comme révélateur
"C'est un grand talent qui doit s'adapter à la Ligue 1 dans son intensité", prévenait déjà Beye début avril. Visiblement, le message n'est pas passé. À Londres, Nwaneri touchait 300 000 euros mensuels pris en charge intégralement par l'OM. Mais ce statut de privilégié ne lui offre aucune protection face à un coach qui exige du rendement quotidien. L'épisode du match contre Nice cristallise ce divorce naissant : quand d'autres grattent, suent et se donnent à fond à l'entraînement, Nwaneri semble déjà ailleurs. Un luxe que Marseille ne peut plus se permettre dans la bataille pour l'Europe.